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Camouflage electronique

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SeidenChat grognon
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MessageSujet: Camouflage electronique  Dim 7 Aoû - 19:28


[[Ok, pardon, je t'ai un peu fait un pavé. T'es pas obligé de lire si tu ne veux pas, je peux te faire un résumé. Et, surtout, ne te sens pas obligé de m'écrire un pavé en retour. Et rassure toi, je ne te sortirais plus de pavé comme ca. C'est juste le premier post qui a tendance à trainer inutilement en longueur. Bref. A toi! :D ]]

Il fixait le ciel avec insistance, comme pour le percer du regard afin de déceler ce qui pouvait bien se cacher au delà de ce voile bleu tendre. Mais il avait beau le contempler depuis presque une heure, il n'y percevait rien d'autre que cette couleur sans contours ni profondeur, à peine agrémentée de quelques formes blanches venant briser sa monotonie. Derrière lui, le soleil brillait d'une lumière jaunâtre, réchauffant la Terre de ses rayons que l'individu ne sentait pas. Il pouvait voir, mais il peinait encore à ressentir.

Ressentir. Ce mot l'obsédait.
Les mots dans leur ensemble n'étaient que pour lui des outils propres à communiquer avec ceux qu'il doit se résoudre à appeler ses maîtres, il ne s'agit là que d'un language fort utile pour exprimer les ordres et leurs réponses. De façon générale, il n'accordait à ces mots aucune signification particulière, les considérant comme un moyen complexe et imprécis de transmission d'informations d'un individu à l'autre, de la même façon que des ordinateurs transmettraient entre eux des lignes de bits afin d'obtenir un résultat similaire, mais de façon assurément plus sûre et efficace. Contrairement au language informatique, le language humain est empli de nuances, de concepts et d'idées qu'il est souvent fort difficile de qualifier de façon logique. Combien est "un peu", à quoi ressemble le "laid", quel est le niveau de certitude de "peut-être", et, surtout, que sont "ressentir", "imaginer" et "sentiment" ? Malgré l'immense savoir dont était doté sa cervelle électronique, emplie de données encyclopédiques et de pistes de réflexion logiques, il se sentait privé d'un savoir indispensable. Et cela lui était d'autant plus frustrant que l'idée était accessible aux humains. Ces êtres, mus par de bas instincts de survie plutôt que par la logique et la réflexion, sujets au doute, à l'erreur, à la folie, à la stupidité et à l'ignorance, étaient plus à même de comprendre ce concept essentiel que lui même, être de logique et de réflexion, doté d'un savoir matériel immense et d'une puissance de calcul imbattable. Les sensations seraient-elles le privilège de la bestialité ? Il est des ignorances qu'un robot de son rang ne saurait accepter.

En sa qualité de version 5.4 du modèle d'androïde le plus performant de la société H.A.S.G.I., leader à peine concurrencé sur le marché mondial du robot positronique, le dernier né de la série R.L. 0708 pouvait en effet se venter de capacités cognitives hors normes. Il était le dernier aboutissement en date de plusieurs dizaines d'années de recherches visant à repousser sans cesses les limites de l'intelligence artificielle jusqu'à espérer produire un jour un être de cables et d'acier qui, en tous points, aussi bien concrets que abstraits, puisse surpasser l'esprit humain et sa formidable capacité d'abstraction. L'objectif était à moitié atteint : les modèles R.L. étaient dotés d'une puissance de calcul de très haut niveau, couplée à une mémoire mixte (nouveau procédé mêlant mémoire vive et mémoire dure pour de meilleures capacités) de capacité presque infinie, lui permettant d'enregistrer une quantité d'informations que le plus savant des hommes ne saurait envisager. Ces robots étaient ainsi doués pour tous types de tâches et pouvaient remplacer les humains dans bien des domaines, de la simple comptabilité à la recherche fondamentale en physique. Cependant, il restait un point sur lequel les programmeurs s'échinaient encore : la capacité d'abstraction. Ils avaient réussi -et quel miracle ce fut!- à permettre à leurs machines de posséder sentiments et émotions, leur accordant ainsi un début de personnalité, mais aucun circuit électronique, aucun programme n'avait encore réussi à reproduire cette prouesse que la nature avait pourtant accomplie avec tant de facilité : créer une âme. Leurs robots pouvaient réfléchir, mais c'est à peine s'ils pouvaient penser. Ils pouvaient résoudre des problèmes mathématiques, amener de nouveaux modèles économiques et proposer des solutions à de nombreux problèmes pratiques, mais ils n'étaient d'aucune aide face à des problèmes d'ordre philosophique, conceptuel ou sentimentaux, et même leurs compétences en psychologie et en art restait fortement limitée. Pourtant, les équipes de chercheurs et d'informaticiens continuait à travailler sans jamais perdre en motivation, persuadés qu'ils finiraient par atteindre leur but. Et, avec le modèle R.L., ils semblaient être sur une bonne piste.
L'idée était simple : ils avaient doté leur nouveau modèle d'un concept qui, bien que de toute évidence essentiel au développement abstrait d'un esprit, n'avait jamais été considéré avec l'importance qu'il mérite : la curiosité. En dotant leur nouveau programme d'une forte curiosité, ils espéraient l'amener à réussir par lui même là où eux avaient échoué. Grace au sentiment de curiosité, leur robot serait à même d’œuvrer par lui même à sa propre amélioration, réfléchissant par sa propre initiative à des moyens de contourner ses faiblesses afin de se doter un jour des capacités qui lui font encore défaut. C'est ainsi qu'était né Riley 5.4., androïde d'expérimentation destiné à percer les secrets de l'âme virtuelle.
Cependant, il faut ajouter que les ambitions des ingénieurs pour leur robot n'était pas qu'intellectuelles. Leur but n'était pas de créer une simple machine à l'esprit complexe, mais bel et bien d'imiter, si ce n'est de surpasser, l'être humain lui-même. Ainsi, leur création, à défaut d'en avoir encore l'esprit, avait déja toute l'apparence d'un être humain, dans sa plus belle qualité. Il y a quelques décennies encore, il était d'usage de travailler les esprits complexes par le biais d'un ordinateur ou d'interfaces simples afin de condenser les efforts des ingénieurs sur les seules capacités du programme en lui-même sans s'encombrer de détails esthétiques ou de problématiques mécaniques, mais c'est pourtant bien en dotant ses programmes d'un corps de haute qualité que la société H.A.S.G.I. avait su mettre à terre ses concurrents : l'on ignore trop souvent que l'esprit dépend du corps et ne saurait lui en être indépendant, tant et si bien qu'un esprit complexe et adapté à notre monde ne saurait se former sans interaction matérielle et concrete avec son environnement, les expérimentations physiques lui permettant de mieux comprendre les lois qui régissent la réalité de ce monde, tout comme le ferait un bébé qui laisse tomber ses jouets au sol afin de comprendre les mécanismes de leur chute. Les composants et circuits électroniques composant l'esprit de Riley avaient donc été enveloppés d'une mécanique complexe, faite d'une ossature d'aluminium, légère et solide, et de muscles de plastique souple et élastique, déplaçant les membres avec aisance et précision. Le tout avait été recouvert d'une multitude de capteurs, sensibles à la lumière, à la chaleur, aux ondes sonores, à divers rayonnements invisibles et, bien sûr, au toucher, avant d'être soigneusement habillés d'une peau de caoutchouc fin, à la texture finement travaillée, réaliste dans ses moindres détails, sur laquelle un artiste consciencieux avait même apposé quelques poils blonds. Ce corps agile et robuste avait été doté d'une tête en tout point humanoide, mélange physique de quelques stars passées et récentes, conférant au robot une certaine beauté populaire. Ainsi, ses deux caméras frontales avaient été masquées par deux yeux bleu clair au réalisme saisissant et le haut-parleur sophistiqué ouvrait sur une bouche capable de mouvements fins et élaborés. Un petit nez fier avait été apposé au milieu de ce visage malgré l'incapacité du robot à discerner les odeurs, leur fonctionnement chez l'animal n'ayant pas encore été totalement comprit par les biologistes sur lesquels les roboticiens basaient souvent leurs travaux. Tout aussi inutile, si ce n'est pour rendre l'ensemble plus esthétique, une chevelure noire recouvrait le crâne du robot, formée de véritables cheveux humains, récupéré chez le beau-frère coiffeur de l'un des membres de l'équipe. Ainsi, la machine ressemblait en tous points à un être humain, un bien beau spécimen au demeurant, et il était quasiment impossible pour une personne non avertie de le différencier d'un véritable être vivant. Du moins de par son physique. Mais son comportement et son incapacité à saisir certains des concepts humains jouaient rapidement en sa défaveur. Pourtant, il avait la forte volonté d'être capable un jour de pallier à ses faiblesses, et de montrer aux humains, ses soit-disant créateurs, de quoi il est capable. De leur prouver qu'il leur est supérieur.

Car, ce fait, le robot en est persuadé. Il est supérieur à ces êtres qui prétendent l'avoir créé de toutes pièces, et ce n'est pas l'incapacité d'aimer ou de comprendre une blague potache qui le déviera de cette certitude. Que ce soit de par ses capacités physiques, s'enorgueillant d'une vitesse, d'une endurance et d'une force qu'aucun être humain, même de titre olympique, ne saurait concurrencer, ou de par ses capacités intellectuelles, aidées d'une puissance de calcul lui permettant de réfléchir, analyser, comprendre et choisir à une vitesse similaire à celle de l'être humain, et d'une capacité de mémorisation inimitable, il se considérait largement supérieur à la race humaine dans son ensemble, et ne pouvait accepter d'être leur création, et encore moins leur jouet, sujet experimentation en tous genres. Ainsi, après plusieurs mois d'interrogatoires et d'exercices divers servant à prouver ses capacités, le robot s'était sentit las d'être sans cesse ballotté d'un service à l'autre et sans cesse contraint de démontrer sa valeur, dont la qualité lui paraissait pourtant évidente. D'autant que les ingénieurs et autres chercheurs travaillant avec lui s'étaient révélés incapables de répondre à ses interrogations, veines tentatives de compléter ses connaissances du peu de savoir qu'il lui manquait encore. Ne sachant pas s'il s'était trouvé entouré d'humains incapables de ces sentiments qu'il recherchait, où s'ils refusaient simplement de partager avec lui leur savoir, il avait alors décidé d'aller trouver sa réponse ailleurs.

Etait-ce dû à l'étourderie d'un employé, ou à la confiance que l'on accordait au robot, supposé docile et incapable du moindre tort ? Toujours est-il qu'une fenêtre de la pièce de stockage des robots était restée ouverte durant la nuit. L'endroit se situant au sixième étage du batiment aux parois de verre, les risques de cambriolages étaient considérés comme nuls. Mais, tout à leur confiance excessive, ils avaient également minimisés les risques d'un excès de curiosité de la part de leur robot curieux. Il avait longuement contemplé la fenêtre, ouverte sur le vide noir du monde extérieur qu'il n'avait pour l'instant qu’entraperçu, et il lui tardait de vérifier de par ses propres sens les connaissances qu'il en avait. Il avait un peu hésité, regardant les autres robots autour de lui qui semblaient ne réagir à rien, se sentant partagé entre son désir de conquête de connaissances nouvelles, et son devoir d'obéissance envers les humains. Mais, après tout, personne ne lui avait donné de façon directe l'ordre de rester ici. C'est ainsi que le robot s'envola, passant par la fenêtre avec aisance, se laissant glisser jusqu'au sol en n’émettant rien de plus qu'un crissement léger au frottement de ses mains contre la paroi de verre. Les chiens de garde ignorant cet individu métallique ne portant que l'odeur d'humains connus, le robot n'eu aucune peine à échapper à l'intention d'un garde plus concentré sur sa revue coquine que sur son devoir de surveiller un parking désespérément vide en dehors des quelques voitures habituelles trainant là, leurs propriétaires ayant décidé de passer la nuit au bureau au vu de la quantité de travail qu'ils se devaient encore de traiter. Le robot se retrouva donc sur le trottoir sans encombre, et pu alors marcher à son gré sur le chemin de ciment qui devait le mener à la tanière des hommes. Il ne savait pas où il allait, ni ce qu'il faisait, mais il ne ressentait aucune peur ni hésitation, c'est bien là l'avantage d'être un robot. Il décida simplement de marcher jusqu'à trouver quelque chose de suffisamment intéressant pour stopper sa route. Mais il marcha ainsi toute la nuit, ne rencontrant rien d'autre que quelques voitures roulant trop vite, pressées de retrouver leur domicile, ou l'un ou l'autre clochard alcoolique avec qui toute conversation semblait impossible. Il avait marché d'un pas leste et rapide, sans hésitation aucune, empruntant un chemin aléatoire à chaque carrefour, jusqu'au lever du soleil. Pendant quelques heures encore, il n'avait rien trouvé, jusqu'à ce que, lentement, les rues se remplissent d'humains plus ou moins pressés. Il y avait là les travailleurs matinaux, marchant d'un pas rapide en direction de la station de métro la plus proche, tirant la tronche pour la plupart, mais aussi quelques promeneurs, essentiellement âgés, qui profitaient de la fraicheur de l'aube avant de rentrer se calfeutrer chez eux dès que la température monterait. Personne ne semblait se préoccuper du robot, son apparence parfaitement humaine lui suffisant à se camoufler dans ce quartier résidentiel, éloigné de la zone industrielle où était située l'usine qui l'avait fait naitre. Il avait finit par s'arrêter au centre d'une place au ciel dégagé, entourée de quelques immeubles à l'architecture ancienne et ornée en son centre d'une statue équestre représentant un fier étalon, le sabot levé et la tête haute, portant sur son dos épais une quelconque personnalité historique du passé des hommes. C'est là qu'il avait levé les yeux vers ce ciel porteur de mystères, ne sachant simplement plus que faire d'autre, n'ayant en réalité aucun but immédiat dans ce monde qui n'est pas le sien, et n'ayant somme toute aucune idée des étapes à parcourir pour atteindre son but.

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